
Testé depuis 2017 sur la Grande noctule (Nyctalus Lasiopterus) en Aveyron, EXEN est le 1er organisme Français à avoir adapté la technologie de télémétrie par GPS aux chauves-souris. La GPS-métrie au service de la chiroptérologie reste l’une des voies de progression les plus rapides vers l’amélioration des connaissances sur l’écologie des espèces. C’est notamment une porte d’entrée vers l’aéro-écologie, domaine quasi-inexploré à ce jour et pourtant déterminant pour des espèces mobiles, migratrices et de haut-vol, généralement les plus patrimoniales. Comme la conservation des espèces ne peut être envisagée sans cette connaissance préalable, c’est une technologie prometteuse vers la recherche de solutions de maîtrise d’impacts anthropiques (aéronautique, éolien, pollution lumineuse, effets cumulés…).
Aujourd’hui, les balises GPS permettent non seulement de paramétrer des relevés de position en 3D à intervalles réguliers (2, 10, 20, 40 min…), mais aussi de relever des données d’activité toutes les 2s (ODBA), et d’autres données selon les systèmes (température corporelle, sons, ultrasons, images, détection d’autres balises actifs proches…). Concrètement, il s’agit de missions exigeantes, impliquant des opérations de captures et d’équipement d’individus par des personnes habilitées et expérimentées (sous dérogation de capture Cacchi), de suivis VHF quotidiens de ces individus à distance conditionnant récupération des données, voire de la balise GPS elle-même.
Depuis 8 ans que les chiroptérologues d’EXEN ont testé, identifié, contourné les contraintes techniques et logistiques, c’est d’abord dans un souci permanent de minimiser autant que possible la perturbation des individus équipés qu’ils ont fait évoluer progressivement leurs méthodes. Ainsi, par exemple, chez EXEN, la fixation de balises GPS par colliers est jugée dangereuse et est donc proscrite. Nos balises sont donc fixées à la colle chirurgicale, avec une gestion raisonnée de l’encollage pour faire en sorte que la balise tombe d’elle-même après durée prédéfinie. De même, pour éviter un double stress inutile, un individu déjà équipé n’est jamais recapturé. Les données sont donc recueillies à distance par récepteur VHF ou par récupération physique de la balise tombée au gite (via l’équipe de cordistes) ou en vol. Les captures ne se font jamais directement au gîte pour éviter de lier le stress à l’habitat. Seuls les individus les plus vigoureux sont équipés, avec des balises adaptées à leur poids (< 5% du poids de l’animal équipé dans l’idéal, ou <10% pendant moins de 10j, conformément aux prescriptions cf. Kelling et al. 2024).
Ce développement de la GPS-métrie pour l’étude des chauves-souris est engagé dans un esprit de partage et de valorisation des expériences. EXEN collabore ainsi très régulièrement avec d’autres chiroptérologues également engagés vers la maitrise de cette technologie (mammologues de l’Office National des Forêt, KJM conseil, groupes chiroptères régionaux, MNHN…) et présente régulièrement ses méthodes et résultats à l’échelle nationale et internationale (Rencontres nationales Chauves-souris (Bourges 2021, Bourges 2024), séminaire Eolien-Biodiversité (Bordeaux 2017), Conférence on Bat Research SECEMU, Gibraltar 2018).
Vis-à-vis de la Grande noctule, cette technologie nous a déjà permis de mettre en évidence des comportements de vols extraordinaires de l’espèce, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres par nuit et plusieurs kilomètres d’altitude au-dessus du relief (Thurow, Beucher 2018). Aujourd’hui, elle présente de plus en plus d’intérêts dans le cadre de recherches appliquées sur des sujets planification d’aménagement à large échelle, d’études d’impacts de projets ou de parcs éoliens en activité….

